2 méditations pour la Pentecôte 2020-Augustin Kalenga (Resp UP Walhain)-Didier Kabutuka (Doyen)

  Orchidée du Panama, qui ne fleurit qu’à la Pentecôte! On l’appelle la fleur du Saint Esprit !

Le message de Pentecôte d’Augustin Kalenga (Notre prêtre responsable d’UP Walhain)

Chers tous,

Ce petit message juste pour vous saluer et vous souhaiter une excellente fête de la Pentecôte.

Nous vivons cette fête en ce moment du déconfinement progressif, ce qui est déjà une très bonne chose. Mais surtout restons toujours vigilants, pour notre propre sécurité et celle de nos proches.

Ca devient très long, mais notre bien-être en dépend. Heureusement nous commençons à voir le bout du tunnel.

La fête d’aujourd’hui nous rappelle la naissance de l’Eglise, et le début officiel de la mission des disciples du Christ à travers le monde. Ils sont désormais acteurs de la mission évangélique, eux qui, jusque là étaient presque spectateurs autour du Christ. L’Ascension du Sauveur et la descente du Saint-Esprit qui en est la conséquence selon les paroles du Christ, permet aux disciples de devenir acteurs de la mission du Ressuscité.

Rappelons-nous que la fête de la Pentecôte est originellement une fête juive, la fête des moissons. Dans la tradition chrétienne, elle commémore la venue sur terre de l’Esprit Saint qui s’est emparé des Apôtres, leur permettant ainsi de prêcher dans toutes les langues, comme rapporté dans les Actes des Apôtres que nous avons suivis dans la première lecture d’aujourd’hui.

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout  à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. »

C’est à partir de cet événement que la prédication des Apôtres dans le monde entier va pouvoir commencer. Ils sont « brûlés, transformés par le feu »…

L’Esprit Saint quand il s’empare de nous, nous transforme, nous change comme le feu qui change un métal… D’où l’image des langues de feu qui se posent sur chacun d’eux pour les rendre capables de la mission.  

Que représente l’Esprit Saint pour l’Eglise ?

Les lectures de ce jour ont répondu à cette question.

–      Il est le rétablissement  de l’Unité entre les peuples :

  • A travers l’événement survenu ce jour-là, où les gens ont parlé en langues, et que chacun était capable de comprendre toutes ces langues, l’Esprit a rétabli l’Unité entre les peuples, séparés depuis la tour de Babel. Avec la tour de Babel la communication est rendue impossible, et avec la descente de l’Esprit Saint tout le monde peut de nouveau se comprendre, malgré la diversité des langues. Donc il est un élément fédérateur  de l’Eglise…

–      Il est la force qui aide les disciples du Christ à être témoins.

Dans l’évangile Saint Jean nous le présente comme la force qui permet le témoignage. D’ailleurs le Christ le nommait déjà ainsi, dans les Actes des Apôtres lus le jeudi de l’Ascension: « vous recevrez une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous; vous serez alors mes témoins… ».

L’Esprit Saint apporte aux disciples du Christ le courage nécessaire pour affronter les contradictions, la  persécution, le rejet… Il est l’Esprit de force qui a détruit la peur  des apôtres et les a lancés sur les chemins du monde pour annoncer le Christ mort et ressuscité.

–      Il est une sorte de carte mémoire de l’Eglise.

Saint Jean nous présente aussi le Saint-Esprit comme une sorte de carte mémoire de l’Eglise, dans laquelle sont consignées toutes les paroles du Christ. Ce langage informatique nous permet de comprendre l’une des fonctions de l’Esprit dans la vie de l’Eglise.

Sur les ordinateurs nous avons des disques durs où nous enregistrons nos données pour ne pas les perdre. Et dans nos téléphones nous avons des cartes SIM et cartes mémoires, qui jouent le même rôle. Pour ceux qui ont déjà utilisé un ordinateur ou un téléphone, le rôle du disque dur  ou de la carte SIM est le rôle que l’Esprit joue dans l’Eglise. Il est un dépôt  des paroles du Ressuscité.

–       Il est notre guide.

Si tel est le rôle de l’Esprit Saint dans la vie de l’Eglise, chaque membre de l’Eglise doit se laisser guider par Lui, pour être efficace, pour être disciple selon le cœur du Christ. Ouvrons donc nos cœurs à l’action de l’Esprit de Dieu en nous, pour qu’il nous apprenne à marcher  dans la lumière du Ressuscité.

Ainsi chacun de nous mettra en valeur les richesses reçus de l’Esprit Saint pour l’édification du corps entier. Car nous sommes tous riches des dons et charismes déposés en nous pour construire l’Eglise et le monde. Leurs différence et diversité est un atout majeur qui nous permet de comprendre que nous avons besoin de nous unir pour être forts, sous la mouvance de l’Esprit Saint.

  

Demandons-nous chacun si nous sommes  sous l’impulsion de l’Esprit Saint. Le meilleur détecteur qui peut nous y aider ce sont les fruits avec lesquelles nous colorions notre vie, en termes de notre engagement pour Dieu et pour le monde.

Viens sur nous, l’Esprit de Dieu!

Excellente fête à vous tous!  Augustin Kalenga

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Déconfinés par l’Esprit

MEDITATION(*) POUR LA PENTECOTE 2020 (Actes 2, 1-11)

(*)DE DIDIER KABUTUKA (Notre Doyen)

Un homme avait été emprisonné dans une tour. Il se sentait abandonné par ses amis, quand tout à coup, il vit un escargot qui arrivait à hauteur de sa fenêtre. S’approchant de l’animal, il vit un fil qui était attaché à la coquille de son visiteur. Curieux, il tira doucement sur ce fil, et quelle ne fut pas sa surprise de voir qu’au bout du fil il y avait une ficelle, au bout de la ficelle il trouva une corde, et dans la corde une lime. C’est avec cela qu’il put scier les barreaux de sa prison et il se servit de la corde pour quitter la tour.

Dans certaines circonstances de la vie, l’important consiste à voir les signes et à croire que l’aube viendra. L’Esprit Saint dont furent remplis les apôtres de Jésus à la Pentecôte est invisible, toutefois ses empreintes et sa signature sont visibles. Chaque fois que nous nous sentons perdus et nos forces verrouillées, regardons les clins d’œil de l’Esprit autour de nous, et surtout pensons aux apôtres qui étaient confinés par crainte des juifs et que l’Esprit Saint a déconfiné à la Pentecôte. Le récit de la Pentecôte signe la relaxation, le déblocage et la consolation de ceux qui s’ouvrent à l’Esprit. Il nous montre que l’être humain n’est pas captif d’une nuit sans étoiles. Certaines de nos étoiles peuvent être enfouies sous les gravats de la vie, mais elles ne s’éteignent pas. Fixons haut nos objectifs, apprenons à lire le ciel pour voir ce feu qui brule au-dessus de nous. Ouvrons nos cœurs et nos oreilles pour écouter les différentes langues d’amour que parlent les autres pour faire long feu en Dieu. Malgré la crise pandémique que nous traversons, le feu sacré n’est pas éteint. Dans les combats de la vie, l’heure la plus sombre vient vraiment juste avant l’aube.

Nous avons à redécouvrir le monde de notre esprit, le monde inauguré à la Pentecôte. On y est tout feu, tout flamme. Vivre de cet esprit, c’est réaliser qu’on a des voiles sur son bateau ; défaire son cordage, hisser son voile au vent de l’Esprit pour progresser ; ne pas se contenter de naviguer au moteur qui consomme continuellement de l’essence ; c’est profiter du vent divin pour avancer. L’Esprit Saint nous est donné pour nous aérer, pour faire feu de tout bois, pour savoir utiliser tous nos charismes, surtout ceux qui sont souvent congelés ou verrouillés. La pentecôte nous ouvre des sentiers pour ne pas cueillir des fleurs fanées sur un sentier usé. Elle lave ce qui est souillé, arrose ce qui est desséché, guérit ce qui est blessé. Avec ce feu nouveau, nous pouvons, devant les parois de notre vie, repérer la petite prise qui ouvre le passage. Dieu nous donne le feu vert non pas pour mettre le feu aux poudres, mais pour rallumer toutes les belles flammes qui s’éteignent en nous.

La tâche peut nous paraitre ardue. Mais il ne s’agit pas de construire une tour de Babel. N’ayons pas peur ! L’Esprit de Dieu est un grand architecte de rénovation intérieure, il fait le ménage, il rafraîchit. En plus, Il est comme un traducteur simultané. Par lui, nos cadeaux du ciel et nos matériaux de construction intérieure nous sont livrés dans notre propre dialecte. En même temps, l’Esprit fait naître un nouveau peuple capable de se faire comprendre de tous par-delà la barrière des langues et des cultures. Quand on se laisse conduire par l’Esprit, on comprend que vivre n’est pas un capital que l’on possède, c’est une naissance qui nous habite. Il faut sans cesse accoucher de sa propre vie. Il nous révèle que la signification de notre vie n’est pas prédéterminée mais elle se manifeste petit-à-petit. Nous la créons et nous la découvrons. C’est un processus continu. Rien n’est définitivement perdu, rien n’est définitivement acquis.

Les circonstances actuelles ne doivent pas paralyser nos cœurs. Pour repartir, il faut faire un selfie avec le Saint Esprit et commencer à arracher progressivement les mauvaises herbes de la peur, du repli sur soi, de l’orgueil, de l’incertitude et du manque de confiance afin qu’elles ne puissent pas étouffer le beau jardin au fond de nous, et que tout le meilleur puisse croitre dans une liberté véritable. Lâchons prise et laissons-nous conduire par le courant de la vie désencombrée de nos bagages. Vivre pleinement dans l’esprit de Pentecôte, c’est apprendre à utiliser les choses et aimer les gens plutôt que d’aimer les choses et d’utiliser les gens.

Durant ce long confinement, nos vies ont peut-être ressemblé à des vieux cendriers refroidis qui sentent la solitude et le tabac froid. Chez certains d’entre nous, l’humidité a pris possession des pièces intérieures. Aujourd’hui, le Seigneur nous envoie son déshumidificateur pour s’en débarrasser par une bonne ventilation. A nous d’ouvrir portes et fenêtres de notre existence, de réactiver le feu et redevenir comme des buissons ardents. Sous la cendre (= vielles caricatures de Dieu, pollutions de notre environnement, vielles façons de regarder les autres, vieilles manières de nous considérer, désespérances de nous-mêmes, etc.), il y a des braises, et à partir d’elles, en ce temps de Pentecôte, il est possible d’allumer un nouveau feu qui réchauffe notre entourage et donne de la lumière au cœur. La Pentecôte c’est le temps de repérer l’ardent charbon qui dort en nous, de veiller sur lui et de le maintenir chaud en nous. C’est la saison de nous remettre en vie et nous remettre au monde en devenant des personnes et des communautés contagieuses qui communiquent la passion de la vie, de l’Evangile et l’amour qui brûle sans consumer.

Prenons conscience que nous sommes entourés d’un autre Acteur qui nous aide à écrire une nouvelle pièce de notre vie. Il en est le souffleur qui nous aide à bien jouer. Avec lui, aucune plante n’est à ce point couverte d’épines qu’il n’ait de place pour une fleur. Lorsqu’on fait l’expérience du St Esprit, on se retrouve debout, on se retrouve gonflé à bloc. On peut alors tenir sur ses pieds et prendre sa place, toute sa place, dans le monde des vivants. Evidemment, le souffle, le vent, sont des images pour dire que l’Esprit divin est ce qui s’infiltre en utilisant la moindre brèche. C’est la raison pour laquelle nous sommes parfois surpris d’être remis debout alors que nous étions tellement accablés, qu’il nous semblait que ça ne pourrait jamais s’arranger. Mais il suffit qu’il y ait un tout petit peu d’ouverture pour que la grâce divine change notre vie.

La vie dans l’Esprit fait de nous des êtres consistants, elle nous donne de l’ampleur, elle nous épanouit et agrandit notre intériorité. Tel un ballon de foot qui a besoin d’être gonflé pour donner le meilleur de lui-même, nous pouvons être sacrément gonflés par Dieu, chargés d’audace et d’amour, pour mieux nous lancer dans l’aventure de la vie. Le Saint-Esprit nous accompagne comme un véritable coach. Avec lui, nous pouvons perdre un match, nous ne perdrons pas toute la compétition. Car la dynamique de l’Esprit n’est pas seulement de nous remplir de bonnes choses. L’Esprit-souffle pousse aussi notre voile en direction de l’horizon que l’Evangile révèle. Sa présence nous stimule et elle nous métamorphose, exalte notre caractère, nos talents. Il nous révèle à nous-mêmes. Ceux qui se laissent conduire par l’Esprit deviennent comme des fragments de vitrail. Il n’y a qu’un Esprit qui est la Lumière et qui appelle les morceaux du vitrail à briller.

L’Esprit rend également prophète. Le prophète, dans la Bible, n’est pas celui qui est capable de dire le futur, de prédire les prochains numéros du loto. Le prophète est celui qui accède à la vérité du présent, et discerne la vérité qui se cache derrière les analyses faussées. Prophète de paix, artisan de paix. C’est peut-être cela notre carte de visite, notre cœur de métier, notre signe distinctif, notre marque de fabrique, notre identité. Une paix qui ne soit pas absence de guerre ou un cessez-le-feu, mais un engagement, un pain quotidien. Laissons-nous déconfiner par l’Esprit.

Didier KABUTUKA

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